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Accompagner son enfant en compétition : regard, posture et présence bienveillante

Accompagner son enfant en compétition : regard, posture et présence bienveillante

La participation à une compétition de danse suscite un large éventail d’émotions, pour les jeunes interprètes comme pour leurs parents.

Fierté, fébrilité, stress, déception, euphorie…ces montagnes russes peuvent être aussi exigeantes qu’enrichissantes.

Voici quelques pistes de réflexion pour accompagner votre enfant avec sensibilité, justesse et ouverture.

 

Dans la salle: voir plus large que son propre enfant

Lorsque notre enfant monte sur scène, notre attention est entièrement tournée vers lui ou elle. C’est naturel. Mais au-delà de cette expérience personnelle, la compétition se déroule dans un espace collectif, partagé avec :

  • d’autres familles vivant les mêmes tensions et espoir;
  • des élèves de diverses écoles ayant, eux aussi, travaillé avec rigueur;
  • des enseignant.e.s et chorégraphes ayant investi temps, cœur et savoir-faire dans chaque prestation.

Se rappeler que l’on partage ce moment avec une communauté plus vaste permet de poser un regard plus bienveillant et respectueux sur l’ensemble du processus.

Applaudir un groupe d’une autre école, adresser un sourire sincère à un parent que l’on ne connaît pas, ou simplement observer sans juger : ce sont là des gestes simples, mais porteurs.
 

Les mots que l’on choisit façonnent le regard de notre enfant

En contexte compétitif, il peut être tentant de commenter ce que l’on voit parfois avec humour, parfois sous le coup de l’émotion. Mais même des remarques anodines peuvent modeler la façon dont un.e jeune perçoit ses pairs, son école ou lui-même :

  •   « Ce groupe-là n’était pas à la hauteur. »
  •   « Franchement, ce n’est pas mérité. »
  •   « On est clairement dans une autre ligue. »

Ces phrases peuvent renforcer la comparaison, alimenter le dénigrement ou créer une pression inutile.

À la place, on peut adopter un discours plus nuancé :

  •   « Leur style était très différent, mais intéressant. »
  •   « Il y avait de belles idées dans leur chorégraphie. »
  •   « Qu’as-tu remarqué ou apprécié dans ce que tu as vu? »

Le regard que vous portez sur les autres devient peu à peu celui que votre enfant portera sur lui-même…et sur le monde.

 

Accueillir la déception: une occasion précieuse de croissance

Lorsque l’enfant n’obtient pas le résultat espéré, la réaction émotionnelle peut être vive. La tentation est grande de consoler rapidement, de minimiser sa peine ou de relativiser.

Mais accompagner avec bienveillance, c’est d’abord laisser exister l’émotion, sans l’interrompre :

  • « Je vois que tu es déçu.e, et je comprends. »
  • « Tu as le droit d’être frustré.e. Tu as travaillé fort. »
  • « Je suis là. On peut en parler quand tu seras prêt.e. »

Une fois l’émotion apaisée, il devient possible d’ouvrir la réflexion, non pas en expliquant ou en justifiant, mais en posant des questions ouvertes qui encouragent l’enfant à élargir sa perspective :

  • « Qu’est-ce que tu as aimé dans ta performance? »
  • « Est-ce qu’il y a un moment où tu t’es senti.e bien, aligné.e avec ce que tu voulais transmettre? »
  • « Est-ce qu’un autre groupe t’a inspiré.e aujourd’hui? »
  • « Qu’as-tu appris sur toi à travers cette expérience? »

Ces échanges ne visent pas à évacuer la déception, mais à lui donner un sens et à nourrir la résilience.
 

Rester témoin de son parcours, plutôt que juge de sa performance

Dans un contexte où tout est noté, comparé, classé, il est précieux de rappeler à l’enfant que sa valeur ne se mesure pas à un score.

Ce que vous avez vu, et que les juges n’ont peut-être pas vu, c’est :

  • le courage qu’il ou elle a déployé pour monter sur scène malgré le trac;
  • la qualité de sa présence, sa rigueur en répétition, son esprit d’équipe;
  • sa capacité à accueillir un commentaire, à rebondir, à s’améliorer.

En tant que parent, votre rôle est d’être le témoin bienveillant de cette évolution intérieure, souvent invisible, mais profondément significative.
 

Et après?

Après la compétition, prenez un moment calme pour atterrir ensemble.

Ce moment peut être verbal (un échange, une discussion), ou non verbal (un regard, une accolade, un silence respectueux).

Vous n’avez pas à « analyser » l’événement.

Vous êtes là pour reconnaître ce qui a été vécu, et pour valoriser ce qui a été traversé.

Un.e jeune danseur.euse qui sent qu’il ou elle est vu.e, entendu.e et soutenu.e dans toutes les étapes, pas seulement dans les moments de gloire, développe une confiance profonde, et un amour durable pour son art.

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